• Fred

Destination Gibraltar : le continent africain face à nous, et le retour à Paris



Pour la suite et fin du périple, nous ne nous sommes pas vraiment attardés à tenter d'emprunter les meilleures routes pour moto mais avons plutôt recherché l'efficacité en prenant l'itinéraire le plus rapide pour rejoindre un point à un autre, la quasi ligne droite entre nos points d'intérêt ou presque.


D'abord le pont du 25 avril à Lisbonne. Sur ma liste depuis le départ, je tenais absolument à le traverser à moto. J'ai travaillé il y a quelques années sur le pont Vasco de Gamma, l'autre pont de Lisbonne traversant le Tage et construit pour l'exposition universelle de 1998 et je n'avais pas eu l'occasion à l'époque de traverser celui du 25 Avril. je peux cocher la case maintenant.


Puis direction Olhāo dans la banlieue de Faro où nous attendent Léo et Antoine, des amis de longue date à qui nous avons promis de passer quelques jours avec eux. Le bord de mer et le marché de Olhāo, l'ile d'Armona où nous avons aperçu les dauphins en marchant sur la plage les pieds dans l'eau, et enfin la réserve ornithologique de Fuseta, restent les lieux où nous passons du temps à chacun de nos passages ici. Sans parler des terrasses de troquet et des verres de Sagres.


Après ces quelques jours de farniente et de repos, nous reprenons notre route vers Gibraltar par la traversée de l’Andalousie et un dernier stop pour quelques heures à Séville. Balade dans les ruelles, tombés par hasard sur les archives générales des Indes et découverte de la Plaza de Espana. Séville regorge de surprises. Nous n’avons malheureusement pas le temps de visiter ces principaux monuments : le palais de l'Alcazar, construit sous la dynastie maure, ses arènes du XVIIIe siècle, mais surtout sa cathédrale gothique qui abrite le tombeau de Christophe Colomb et un minaret transformé en clocher, la Giralda. Beaucoup de regrets en quittant cette ville, nous y reviendrons pour un long weekend, assurément.


Les derniers kilomètres, traversée de Algésiras, …on prend à droite sur le CA223, direction sud pour longer le bord de mer, …un dernier virage et le rocher de Gibraltar apparait sur notre gauche, petite tape sur la cuisse, instant d’émotion partagée, on y est presque. On poursuit sur la CA223 pour rejoindre notre hôtel, quelques virages de plus et face à nous, le continent africain. Je coupe le moteur, pose la moto sur la béquille, enlève le casque, un clin d’oeil à Sophie : Objectif atteint ! 39 heures sur la selle et 3021 kms au compteur. Nous passons la fin d’après midi et la soirée sur la terrasse de l’hôtel devant ce panorama, juste un bout de terre et les lumières de Tanger de l’autre côté du détroit, ça nous laisse rêveurs. J’aurais adoré prendre le ferry et allé y passer la journée du lendemain. Mais la crise sanitaire m’a un peu freiné….un autre fois peut-être. L’hôtel ‘El Faro de Punta Carnero’ est idéalement situé et le diner est parfait bien que nous soyons les seuls clients ce soir. La crise a ses inconvénients et ses avantages...


Brume épaisse sur le détroit le lendemain, qui se lève pendant le p’tit déjeuner, nous admirerons donc une dernière fois cette immensité avant de reprendre la route. Nous zappons les A7150 et A169 qui montent vers le nord et sont pourtant considérées comme faisant partie des plus belles routes moto de la région. Direction Granada par le bord de mer, Marbella et Malaga, les grands noms des stations balnéaires espagnoles défilent devant nous. La route très agréable au début, l'est nettement moins ensuite et il faut ruser pour continuer à longer le front de mer et éviter la 4 voies. Nous quittons le bord de mer à Motril en direction du nord après un déjeuner dans un restaurant de plage quelconque à Torre del Mare.

L'Alhambra, la forteresse maure de Granada est magnifique, au prix de quelques efforts, quelques centaines de mètres de dénivelé et après quelques déambulations aléatoires dans la vieille ville, nous nous posons Plaza Mirador pour profiter d’un coucher de soleil sur les pierres ocres qui lui donne ces reflets cuivrés. Tout le poids de l'histoire de la ville rejaillit et on imagine aisément les batailles qui ont dù avoir lieu ici pour prendre ou reprendre cette forteresse. Pour rattraper le repas quelconque du midi, nous dînons au El Trillo, l'un des restos les mieux côté de la ville, le quelconque n'est certainement pas la synthèse que j'en ferais, mais plutôt l'extrême opposé, délicieux!


La situation sanitaire n'étant pas bonne, nous ne nous arrêterons pas à Madrid dans notre remontée vers le nord mais poussons jusqu'à Burgos. Nous traversons des champs d'oliviers pendant des dizaines de kilomètres. A cette exception prês, le centre de l'Espagne nous parait plat, désertique et monotone.


La ville de Burgos est intéressante, ville médiévale, il est possible d'en parcourir le centre par des rues piétonnes. La vie doit y être agréable, en tout cas, c'est ce que nous imaginons compte tenu de la moyenne d'âge de la population locale ! Son monument le plus emblématique est la cathédrale Sainte-Marie, dont les 3 portes principales sont surmontées de clochers ouvragés. À l'intérieur se trouve une chapelle décorée de sculptures de saints et abritant le tombeau du Cid (Rodrigo Díaz de Vivar), commandant militaire du XIe siècle.





Passage de la frontière, route du bord de mer à Biarritz, halte à Vieux Boucau, ville 'nouvelle' et artificielle qui n'a d'intérêt à mon sens que pour sa plage et nous voilà de retour à Paris après 65 heures passées à rouler et environ 5150 kilomètres parcourus durant ces 16 jours.



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